Paramétriques & cartésiennes

Terminale · Spécialité mathématiques · Chapitre 04

Représentations paramétriques
et équations cartésiennes.

Décrire les droites et les plans de l’espace avec des nombres.

Commencer le diagnostic7 fiches · 8 exercices · 6 ateliersÀ ton rythme

Objectifs

  • Décrire une droite de l’espace à l’aide d’un point, d’un vecteur directeur et d’un paramètre réel.

  • Reconnaître les points d’une droite ou d’un plan à partir de leurs coordonnées.

  • Déterminer et exploiter une équation cartésienne d’un plan à partir d’un vecteur normal et d’un point.

  • Traduire une intersection ou une projection par un calcul ou un système, puis interpréter le résultat.

Cadre du cours. Ce chapitre correspond au cœur de la section « Représentations paramétriques et équations cartésiennes » du programme de spécialité de terminale générale. Pour une terminale en 2026–2027, le texte de référence reste le programme du Bulletin officiel spécial no 8 du 25 juillet 2019 : représentation paramétrique d’une droite, équation cartésienne d’un plan, projections et résolution de systèmes simples dans l’espace. Un nouveau programme a été publié au Bulletin officiel du 2 avril 2026 ; son application en terminale est prévue à partir de la rentrée 2027–2028. Les exercices de ce fascicule sont créés pour l’apprentissage et ne sont pas des sujets officiels.

Organisation conseillée. Prévoir quatre séances de 35 à 45 minutes, avec une pause courte si nécessaire :

  1. diagnostic, coordonnées et représentation paramétrique d’une droite ;

  2. équation cartésienne d’un plan et appartenance ;

  3. intersection d’une droite et d’un plan, puis systèmes ;

  4. projections, exercice de synthèse et rappel différé.

Les exercices se trouvent dans ce fascicule avec leurs indices. Les corrections détaillées sont dans la page séparée des corrections. Essaie d’abord seule, consulte l’indice si nécessaire, puis seulement la correction.

Fiche 01 / 07

Avant de commencer : diagnostic et rappels

Durée indicative : 12 minutes, sans note et sans calculatrice. Ce diagnostic sert à repérer les gestes à reprendre, pas à attribuer une note. Si une question bloque, écrire simplement « à revoir » et continuer. Les réponses sont dans le fascicule séparé des corrections.

  1. Avec A(1;−2;3)A\left(1\,;\,-2\,;\,3\right) et B(4;0;−1)B\left(4\,;\,0\,;\,-1\right), calculer AB→\overrightarrow{AB}.

  2. Résoudre l’équation 3t−4=113t-4=11.

  3. Soient A(1;2;0)A\left(1\,;\,2\,;\,0\right) et u→=(2;−1;3)\vec u=(2;-1;3). Calculer les coordonnées du point A+2u→A+2\vec u.

  4. Le point M(2;1;0)M\left(2\,;\,1\,;\,0\right) appartient-il au plan d’équation x+2y−z−4=0x+2y-z-4=0 ? Et le point N(0;1;0)N\left(0\,;\,1\,;\,0\right) ?

  5. Les vecteurs u→=(2;−1;3)\vec u=(2;-1;3) et v→=(−4;2;−6)\vec v=(-4;2;-6) sont-ils colinéaires ?

  6. Donner un vecteur normal au plan d’équation 3x−y+2z−5=03x-y+2z-5=0.

  7. Calculer u→⋅v→\vec u\mathbin{\cdot}\vec v pour u→=(1;2;−1)\vec u=(1;2;-1) et v→=(2;−1;0)\vec v=(2;-1;0). Que peut-on en déduire ?

Corrections du diagnostic →

Les prérequis indispensables

Coordonnées d’un vecteur. Dans un repère de l’espace, si A(xA;yA;zA)A\left(x_A\,;\,y_A\,;\,z_A\right) et B(xB;yB;zB)B\left(x_B\,;\,y_B\,;\,z_B\right), alors AB→=(xB−xA;yB−yA;zB−zA).\overrightarrow{AB}=(x_B-x_A\,;\,y_B-y_A\,;\,z_B-z_A). On retient « arrivée moins départ ». Par exemple, AB→=(4−1;0−(−2);−1−3)=(3;2;−4).\overrightarrow{AB}=(4-1\,;\,0-(-2)\,;\,-1-3)=(3;2;-4).

Résoudre une équation. On transforme les deux membres de la même façon : 3t−4=11⇔3t=15⇔t=5.3t-4=11 \quad\Longleftrightarrow\quad 3t=15 \quad\Longleftrightarrow\quad t=5.

Produit scalaire. Pour u→=(a;b;c)\vec u=(a;b;c) et v→=(a′;b′;c′)\vec v=(a';b';c'), dans un repère orthonormé, u→⋅v→=aa′+bb′+cc′.\vec u\mathbin{\cdot}\vec v=aa'+bb'+cc'. Si le résultat est nul, les deux vecteurs non nuls sont orthogonaux. Cette idée permettra de reconnaître un vecteur normal à un plan.

Colinéarité. Deux vecteurs sont colinéaires lorsqu’il existe un réel kk tel que v→=ku→\vec v=k\vec u. Ils donnent alors la même direction, même si leurs sens sont opposés.

Repère orthonormé. Les trois axes sont perpendiculaires deux à deux et utilisent la même unité de longueur. C’est le cadre supposé dans ce cours.

À retenir

Dans un calcul de géométrie repérée, commencer par identifier ce que représente chaque nombre : une coordonnée de point, une coordonnée de vecteur, un paramètre ou un coefficient d’équation.

Fiche 02 / 07

1. Une droite décrite par un paramètre

L’idée essentielle : un seul nombre pour se déplacer

Pour décrire une droite, on choisit un point de départ AA et une direction non nulle u→\vec u. Un nombre réel tt, appelé le paramètre, indique jusqu’où l’on se déplace dans cette direction.

t = −3 −2 −1 1 3 02 t 2u même droite, positions différentes A = M(0)M(2) t < 0t > 0
Figure 1. Le paramètre indique la position sur la droite : t<0t<0 est de l’autre côté de AA, t=0t=0 donne AA, et t>0t>0 avance dans la direction de u→\vec u.

Définition et écriture coordonnée

Soit A(xA;yA;zA)A\left(x_A\,;\,y_A\,;\,z_A\right) un point et soit u→=(a;b;c)\vec u=(a;b;c) un vecteur non nul. La droite dd passant par AA et dirigée par u→\vec u est l’ensemble des points M(t)=A+tu→,t∈ℝ.M(t)=A+t\vec u, \qquad t\in\mathbb{R}. Le même énoncé, coordonnée par coordonnée, s’écrit d:{x=xA+at,y=yA+bt,z=zA+ct,t∈ℝ.\boxed{ d:\quad \begin{cases} x=x_A+at,\\ y=y_A+bt,\\ z=z_A+ct, \end{cases} \qquad t\in\mathbb{R}.}

Le vecteur u→\vec u doit être non nul : sinon les trois coordonnées restent fixes et l’on obtient un seul point, pas une droite.

Exemple entièrement détaillé

On considère le point A(1;−1;2)A\left(1\,;\,-1\,;\,2\right) et le vecteur directeur u→=(2;3;−1)\vec u=(2;3;-1). La droite est d:{x=1+2t,y=−1+3t,z=2−t,t∈ℝ.d:\quad \begin{cases} x=1+2t,\\ y=-1+3t,\\ z=2-t, \end{cases} \qquad t\in\mathbb{R}.

Pour t=0t=0, on retrouve A(1;−1;2)A\left(1\,;\,-1\,;\,2\right). Pour t=2t=2, on obtient M(2)(1+2×2;−1+3×2;2−2)=(5;5;0).M(2)\left(1+2\times 2\,;\,-1+3\times 2\,;\,2-2\right) =\left(5\,;\,5\,;\,0\right). Pour t=−1t=-1, on obtient M(−1)(1−2;−1−3;2+1)=(−1;−4;3).M(-1)\left(1-2\,;\,-1-3\,;\,2+1\right)=\left(-1\,;\,-4\,;\,3\right). Les valeurs positives et négatives du paramètre parcourent les deux côtés de la droite.

Construire une droite avec deux points

Pour construire la droite passant par deux points distincts AA et BB, on choisit le vecteur directeur AB→\overrightarrow{AB} : droite (AB):M=A+tAB→,t∈ℝ.\boxed{\text{droite }(AB):\quad M=A+t\overrightarrow{AB},\quad t\in\mathbb{R}.} Il faut vérifier que A≠BA\ne B, afin que AB→\overrightarrow{AB} ne soit pas le vecteur nul.

Exemple entièrement détaillé

Soient A(1;0;2)A\left(1\,;\,0\,;\,2\right) et B(3;−2;1)B\left(3\,;\,-2\,;\,1\right). On calcule d’abord le vecteur directeur : AB→=(3−1;−2−0;1−2)=(2;−2;−1).\overrightarrow{AB}=(3-1\,;\,-2-0\,;\,1-2)=(2;-2;-1). Une représentation paramétrique de (AB)(AB) est donc (AB):{x=1+2t,y=−2t,z=2−t,t∈ℝ.(AB):\quad \begin{cases} x=1+2t,\\ y=-2t,\\ z=2-t, \end{cases} \qquad t\in\mathbb{R}. Pour contrôler le calcul, t=0t=0 donne AA, et t=1t=1 donne B(3;−2;1)B\left(3\,;\,-2\,;\,1\right). La représentation passe bien par les deux points.

Reconnaître un point de la droite

Pour savoir si un point P(xP;yP;zP)P\left(x_P\,;\,y_P\,;\,z_P\right) appartient à une droite donnée par trois expressions en tt, on cherche une même valeur de tt qui convient aux trois coordonnées.

Méthode
  1. Utiliser une coordonnée simple pour trouver une valeur possible de tt.

  2. Remplacer cette valeur dans les deux autres coordonnées.

  3. Si les trois égalités sont vérifiées, le point appartient à la droite ; sinon, il n’y appartient pas.

Exemple entièrement détaillé

Pour la droite d:{x=1+2t,y=−1+3t,z=2−t,d:\quad \begin{cases} x=1+2t,\\ y=-1+3t,\\ z=2-t, \end{cases} testons P(5;5;0)P\left(5\,;\,5\,;\,0\right). La première coordonnée donne 1+2t=51+2t=5, donc t=2t=2. Avec cette valeur, −1+3×2=5et2−2=0.-1+3\times2=5 \qquad\text{et}\qquad 2-2=0. Les trois coordonnées conviennent : P∈dP\in d.

Pour Q(5;4;0)Q\left(5\,;\,4\,;\,0\right), la première coordonnée impose encore t=2t=2, mais la deuxième donnerait −1+3×2=5≠4-1+3\times2=5\ne4. Il n’existe donc pas de paramètre commun et Q∉dQ\notin d.

Une droite peut avoir plusieurs représentations

Le choix du point et du vecteur directeur n’est pas unique. On peut :

  • partir de n’importe quel point de la droite ;

  • remplacer u→\vec u par ku→k\vec u, avec k≠0k\ne0, en changeant éventuellement le paramètre.

Ainsi, (1;2;0)+t(2;−1;3)(1;2;0)+t(2;-1;3) et (5;0;6)+s(4;−2;6)(5;0;6)+s(4;-2;6) décrivent la même droite : le second point correspond à t=2t=2, et le second vecteur vaut 2u→2\vec u.

À retenir

Pour une droite, retenir la chaîne point de départ+paramètre×vecteur directeur\text{point de départ}+\text{paramètre}\times\text{vecteur directeur}. Dans la forme coordonnée, le même paramètre tt doit apparaître dans les trois lignes.

Parcourir une droite avec un paramètre

x136y136z136OA = MPQ
v = (2 ; 3 ; -1) ; M = A + 0·v = (1 ; -1 ; 2)
t = 0 : M est le point de départ A. P est atteint quand t·k = 2. Q n’est atteint pour aucune valeur : x = 5 impose t·k = 2, et alors y vaut 5, et non 4. Seule une portion de la droite infinie est dessinée.
Repère orthonormé, axes gradués en unités. Vue projetée : longueurs et angles peuvent être déformés.

Fiche 03 / 07

2. Une équation cartésienne de plan

L’idée essentielle : le vecteur normal filtre les points

Un plan possède deux directions indépendantes. Un vecteur n→\vec n est normal au plan lorsqu’il est perpendiculaire à toutes ses directions. Pour un point MM, dire que MM est dans le plan passant par AA revient à dire que AM→\overrightarrow{AM} est perpendiculaire à n→\vec n.

P AM nnormal au plan
Figure 2. Le vecteur normal est perpendiculaire au plan. Une équation du plan traduit l’orthogonalité de AM→\overrightarrow{AM} avec ce vecteur.

Formule à connaître et à comprendre

Soit A(xA;yA;zA)A\left(x_A\,;\,y_A\,;\,z_A\right) un point et soit n→=(a;b;c)≠0→\vec n=(a;b;c)\ne\vec0 un vecteur normal. Pour un point quelconque M(x;y;z)M\left(x\,;\,y\,;\,z\right), AM→=(x−xA;y−yA;z−zA).\overrightarrow{AM}=(x-x_A\,;\,y-y_A\,;\,z-z_A). La condition d’appartenance au plan est AM→⋅n→=0.\overrightarrow{AM}\mathbin{\cdot}\vec n=0. En développant le produit scalaire, on obtient a(x−xA)+b(y−yA)+c(z−zA)=0.\boxed{a(x-x_A)+b(y-y_A)+c(z-z_A)=0.}

Après développement, cette équation prend la forme ax+by+cz+d=0,\boxed{ax+by+cz+d=0,} où dd est une constante. Les trois coefficients a,b,ca,b,c ne doivent pas être simultanément nuls.

Exemple entièrement détaillé

On cherche une équation du plan 𝒫\mathcal P passant par A(1;0;2)A\left(1\,;\,0\,;\,2\right) et normal au vecteur n→=(2;−1;1)\vec n=(2;-1;1).

Soit M(x;y;z)M\left(x\,;\,y\,;\,z\right) un point quelconque. On écrit le vecteur qui relie AA à MM : AM→=(x−1;y;z−2).\overrightarrow{AM}=(x-1\,;\,y\,;\,z-2). On traduit l’orthogonalité avec n→\vec n : AM→⋅n→=0⇔2(x−1)−y+(z−2)=0⇔2x−y+z−4=0.\begin{aligned} \overrightarrow{AM}\mathbin{\cdot}\vec n=0 &\Longleftrightarrow 2(x-1)-y+(z-2)=0\\ &\Longleftrightarrow 2x-y+z-4=0. \end{aligned} Ainsi, 𝒫:2x−y+z−4=0.\boxed{\mathcal P:\ 2x-y+z-4=0.}

Contrôle du point connu : 2×1−0+2−4=02\times1-0+2-4=0. Les coordonnées de n→\vec n sont bien les coefficients de xx, yy, zz.

Reconnaître un plan et vérifier une appartenance

Pour un plan 𝒫:ax+by+cz+d=0\mathcal P: ax+by+cz+d=0, un vecteur normal est n→=(a;b;c).\boxed{\vec n=(a;b;c).} Un multiple non nul de ce vecteur convient également. Par exemple, (2;−1;1)(2;-1;1) et (−4;2;−2)(-4;2;-2) sont deux vecteurs normaux au même plan.

Pour tester si P(xP;yP;zP)P\left(x_P\,;\,y_P\,;\,z_P\right) appartient à 𝒫\mathcal P, on remplace les trois variables par les coordonnées de PP. Il faut obtenir exactement zéro, et non une valeur seulement « proche » de zéro dans un calcul exact.

Exemple entièrement détaillé

Dans le plan 𝒫:2x−y+z−4=0\mathcal P:2x-y+z-4=0, testons P(2;1;0)P\left(2\,;\,1\,;\,0\right) et Q(1;1;1)Q\left(1\,;\,1\,;\,1\right). P:2×2−1+0−4=−1≠0,Q:2×1−1+1−4=−2≠0.\begin{aligned} P&:\quad 2\times2-1+0-4=-1\ne0,\\ Q&:\quad 2\times1-1+1-4=-2\ne0. \end{aligned} Ni PP ni QQ n’appartient à ce plan. En revanche, le point A(1;0;2)A\left(1\,;\,0\,;\,2\right) de l’exemple donne bien zéro.

Quand le vecteur normal n’est pas donné

Si un plan contient trois points non alignés AA, BB et CC, on peut chercher un vecteur normal n→=(a;b;c)\vec n=(a;b;c) en utilisant les deux directions du plan AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC} : n→⋅AB→=0etn→⋅AC→=0.\vec n\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AB}=0 \qquad\text{et}\qquad \vec n\mathbin{\cdot}\overrightarrow{AC}=0. Cela fournit un petit système. On choisit ensuite une solution non nulle et on utilise la formule précédente avec le point AA.

Repère de programme

Chercher soi-même un vecteur orthogonal à deux vecteurs non colinéaires figure parmi les approfondissements possibles du programme de 2019. Dans un sujet, ce vecteur est souvent proposé : il suffit alors de vérifier les deux produits scalaires nuls.

Exemple entièrement détaillé

Soient A(0;0;0)A\left(0\,;\,0\,;\,0\right), B(1;1;0)B\left(1\,;\,1\,;\,0\right) et C(1;0;1)C\left(1\,;\,0\,;\,1\right). On calcule AB→=(1;1;0),AC→=(1;0;1).\overrightarrow{AB}=(1;1;0),\qquad \overrightarrow{AC}=(1;0;1). Pour n→=(a;b;c)\vec n=(a;b;c), les orthogonalités donnent a+b=0,a+c=0.\begin{aligned} a+b&=0,\\ a+c&=0. \end{aligned} On peut choisir a=1a=1. Alors b=−1b=-1 et c=−1c=-1, d’où n→=(1;−1;−1)\vec n=(1;-1;-1). Comme le plan passe par l’origine, son équation est x−y−z=0.\boxed{x-y-z=0.} Le choix d’un autre multiple non nul de n→\vec n aurait donné une équation équivalente.

À retenir

Pour une équation ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0, lire immédiatement le vecteur normal (a;b;c)(a;b;c). Pour construire le plan, partir d’un point connu et écrire AM→⋅n→=0\overrightarrow{AM}\mathbin{\cdot}\vec n=0.

Le vecteur normal filtre les points du plan

x13y13z13OAnM
AM = (0 ; 1 ; 1) ; AM · n = 2(0) − (1) + (1) = 0
AM · n = 0 : AM est orthogonal au vecteur normal, donc M appartient au plan. Ses coordonnées vérifient 2x − y + z − 4 = 0.
Repère orthonormé, axes gradués en unités. Vue projetée : longueurs et angles peuvent être déformés.

Fiche 04 / 07

3. Relier une droite, un plan et un système

Intersection d’une droite et d’un plan

On considère une droite donnée par {x=xA+at,y=yA+bt,z=zA+ct,\begin{cases} x=x_A+at,\\ y=y_A+bt,\\ z=z_A+ct, \end{cases} et un plan 𝒫:px+qy+rz+s=0\mathcal P: px+qy+rz+s=0. Pour chercher leur intersection, on remplace xx, yy, zz par les expressions en tt dans l’équation du plan. On obtient une seule équation à une inconnue.

Méthode

Après substitution :

  • une unique valeur de tt donne un point d’intersection : la droite est sécante au plan ;

  • aucune valeur de tt : la droite n’a aucun point commun avec le plan ; sa direction est alors parallèle au plan et l’on parle de droite strictement parallèle ;

  • toutes les valeurs de tt conviennent lorsque la droite est contenue dans le plan.

Le coefficient de tt après substitution est pa+qb+rc=u→⋅(p;q;r),p a+q b+r c=\vec u\mathbin{\cdot}(p;q;r), où u→=(a;b;c)\vec u=(a;b;c) est un vecteur directeur de la droite et (p;q;r)(p;q;r) un vecteur normal au plan. Cela explique le cas parallèle : un vecteur directeur parallèle au plan est orthogonal à un vecteur normal.

Exemple entièrement détaillé

On considère la droite d:{x=1+2t,y=−t,z=2+t,t∈ℝ,d:\quad \begin{cases} x=1+2t,\\ y=-t,\\ z=2+t, \end{cases} \qquad t\in\mathbb{R}, et le plan 𝒫:x+y+z−5=0\mathcal P:x+y+z-5=0.

On remplace les coordonnées de la droite dans l’équation du plan : (1+2t)+(−t)+(2+t)−5=02t−2=0t=1.\begin{aligned} (1+2t)+(-t)+(2+t)-5&=0\\ 2t-2&=0\\ t&=1. \end{aligned} Il existe une seule valeur du paramètre. Le point d’intersection est obtenu en remplaçant t=1t=1 dans les trois expressions : I(1+2;−1;2+1)=(3;−1;3).I\left(1+2\,;\,-1\,;\,2+1\right)=\left(3\,;\,-1\,;\,3\right). Contrôle : 3+(−1)+3−5=03+(-1)+3-5=0. Donc d∩𝒫={I}d\cap\mathcal P=\{I\}.

Droite et plan : une, aucune ou une infinité de solutions

x136y136z136OIM
M(0) = (1 ; 0 ; 2) ; x + y + z − 5 = -2 + 2 × 0 = -2
u · n = 2, valeur non nulle : l’expression dépend de t et ne s’annule que pour t = 1. La droite coupe le plan en un seul point I (3 ; −1 ; 3). Seules des portions de la droite et du plan, infinis, sont dessinées.
Repère orthonormé, axes gradués en unités. Vue projetée : longueurs et angles peuvent être déformés.

Intersection de deux droites

Pour deux droites, on utilise deux paramètres différents : d:M=A+tu→,d′:N=B+sv→.d:\ M=A+t\vec u, \qquad d':\ N=B+s\vec v. Un point commun doit avoir les mêmes coordonnées dans les deux écritures. On résout donc le système obtenu en identifiant les trois coordonnées. Il faut éviter d’utiliser le même symbole pour les deux paramètres : tt et ss peuvent prendre des valeurs différentes.

Exemple entièrement détaillé

Soient d:{x=t,y=−1+2t,z=3−t,d′:{x=3−s,y=2+s,z=−1+2s.d:\quad \begin{cases} x=t,\\ y=-1+2t,\\ z=3-t, \end{cases} \qquad d':\quad \begin{cases} x=3-s,\\ y=2+s,\\ z=-1+2s. \end{cases} Pour un point commun, on obtient t=3−s,−1+2t=2+s,3−t=−1+2s.\begin{aligned} t&=3-s,\\ -1+2t&=2+s,\\ 3-t&=-1+2s. \end{aligned} Les première et troisième équations donnent t+s=3,t+2s=4.t+s=3,\qquad t+2s=4. En soustrayant la première de la deuxième, on obtient s=1s=1, puis t=2t=2. La deuxième équation initiale est vérifiée : −1+2×2=3=2+1-1+2\times2=3=2+1.

Le point commun est donc I(2;3;1).I\left(2\,;\,3\,;\,1\right). Les deux droites sont sécantes en II.

Deux droites, deux paramètres indépendants

x136y136z136OMN
M(0) = (0 ; -1 ; 3) ; N(0) = (3 ; 2 ; -1) ; MN ≈ 5,83 unités
Écarts des coordonnées : (3 ; 3 ; -4). Ce couple ne donne pas de point commun. Prendre le même nombre pour t et s n’est pas une obligation : les deux paramètres sont indépendants. Le système cherche le couple qui annule les trois écarts. Seules des portions des droites sont dessinées.
Repère orthonormé, axes gradués en unités. Vue projetée : longueurs et angles peuvent être déformés.

Traduire un problème géométrique

Avant de calculer, écrire ce que signifie la question :

  • « MM appartient à la droite » signifie qu’il existe un paramètre tt qui vérifie les trois expressions ;

  • « MM appartient au plan » signifie que ses coordonnées vérifient l’équation cartésienne ;

  • « MM est à l’intersection » signifie qu’il satisfait simultanément les deux conditions ;

  • « une droite est parallèle à un plan » peut se tester avec le produit scalaire entre un vecteur directeur et un vecteur normal, puis avec un test d’appartenance pour distinguer une droite contenue du plan.

Attention. Un système sans solution signifie seulement « aucun point commun ». Pour conclure « droites parallèles » dans l’espace, il faut aussi examiner les directions et la position des droites ; deux droites peuvent être non coplanaires.

À retenir

Un système n’est pas une suite de nombres sans sens : chaque inconnue représente une position sur une droite. À la fin, traduire les valeurs trouvées en un point et en une phrase géométrique.

Fiche 05 / 07

4. Projections orthogonales

Projeté d’un point sur une droite

Soit PP un point et soit dd une droite passant par AA et dirigée par u→≠0→\vec u\ne\vec0. Le projeté orthogonal HH de PP sur dd est le point de dd tel que PHPH soit perpendiculaire à la droite. On écrit donc H=A+t0u→etPH→⋅u→=0.H=A+t_0\vec u \qquad\text{et}\qquad \overrightarrow{PH}\mathbin{\cdot}\vec u=0. Comme HP→=AP→−t0u→\overrightarrow{HP}=\overrightarrow{AP}-t_0\vec u, et que l’orthogonalité ne change pas lorsqu’on inverse le sens d’un vecteur, on obtient t0=AP→⋅u→u→⋅u→.\boxed{t_0=\frac{\overrightarrow{AP}\mathbin{\cdot}\vec u} {\vec u\mathbin{\cdot}\vec u}.} Puis on calcule H=A+t0u→H=A+t_0\vec u. La distance du point à la droite est PHPH. Si PP appartient déjà à dd, on obtient H=PH=P et la distance est nulle.

Exemple entièrement détaillé

On considère d:M=A+tu→,A(1;0;0),u→=(2;1;0),d:\ M=A+t\vec u, \qquad A\left(1\,;\,0\,;\,0\right),\quad \vec u=(2;1;0), et P(1;5;2)P\left(1\,;\,5\,;\,2\right). On commence par calculer AP→=(0;5;2).\overrightarrow{AP}=(0;5;2). Alors AP→⋅u→=0×2+5×1+2×0=5,u→⋅u→=22+12+02=5.\begin{aligned} \overrightarrow{AP}\mathbin{\cdot}\vec u&=0\times2+5\times1+2\times0=5,\\ \vec u\mathbin{\cdot}\vec u&=2^2+1^2+0^2=5. \end{aligned} Donc t0=5/5=1t_0=5/5=1, puis H=A+u→=(3;1;0).H=A+\vec u=(3;1;0). Contrôlons la perpendicularité : PH→=(2;−4;−2),PH→⋅u→=2×2−4×1−2×0=0.\overrightarrow{PH}=(2;-4;-2), \qquad \overrightarrow{PH}\mathbin{\cdot}\vec u=2\times2-4\times1-2\times0=0. Enfin, d(P,d)=PH=22+(−4)2+(−2)2=24=26.d(P,d)=PH=\sqrt{2^2+(-4)^2+(-2)^2}=\sqrt{24}=2\sqrt6.

Projeté sur une droite : le point le plus proche

x136y136z136OAPH = N
AP · u = 5 ; u · u = 5 ; t₀ = 1 ; H (3 ; 1 ; 0) ; PH ≈ 4,9 unités
PH · u = 0. PN² = 24 = PH² + HN² = 24 + 0. N = H : on atteint la distance minimale.
Repère orthonormé, axes gradués en unités. Vue projetée : longueurs et angles peuvent être déformés.

Projeté d’un point sur un plan

Soit le plan 𝒫:ax+by+cz+d=0,(a;b;c)≠(0;0;0),\mathcal P: ax+by+cz+d=0, \qquad (a;b;c)\ne(0;0;0), et le point P(xP;yP;zP)P\left(x_P\,;\,y_P\,;\,z_P\right). Un vecteur normal est n→=(a;b;c)\vec n=(a;b;c). Posons δ=axP+byP+czP+d.\delta=ax_P+by_P+cz_P+d. Le projeté HH de PP sur le plan est obtenu en se déplaçant depuis PP dans la direction normale : H=P−δa2+b2+c2(a;b;c).\boxed{H=P-\frac{\delta}{a^2+b^2+c^2}(a;b;c).} La distance au plan est d(P,𝒫)=|δ|a2+b2+c2.\boxed{d(P,\mathcal P)= \frac{|\delta|}{\sqrt{a^2+b^2+c^2}}.} Le nombre δ\delta n’est pas encore une distance : il faut le diviser par la norme du vecteur normal. Si δ=0\delta=0, le point PP est déjà dans le plan : H=PH=P et la distance est nulle.

Exemple entièrement détaillé

On considère 𝒫:x+2y+2z−6=0\mathcal P:x+2y+2z-6=0 et P(2;1;2)P\left(2\,;\,1\,;\,2\right). On a n→=(1;2;2),δ=2+2×1+2×2−6=2,\vec n=(1;2;2),\qquad \delta=2+2\times1+2\times2-6=2, et a2+b2+c2=12+22+22=9.a^2+b^2+c^2=1^2+2^2+2^2=9. Ainsi, H=P−29(1;2;2)=(2−2/9;1−4/9;2−4/9)=(16/9;5/9;14/9).\begin{aligned} H&=P-\frac{2}{9}(1;2;2)\\ &=\left(2-2/9\,;\,1-4/9\,;\,2-4/9\right) =\left(16/9\,;\,5/9\,;\,14/9\right). \end{aligned} Contrôle dans le plan : 169+2×59+2×149−6=549−6=0.\frac{16}{9}+2\times\frac{5}{9}+2\times\frac{14}{9}-6 =\frac{54}{9}-6=0. La distance vaut d(P,𝒫)=|2|9=23.d(P,\mathcal P)=\frac{|2|}{\sqrt9}=\frac23.

Repère de programme

Le programme demande de déterminer le projeté orthogonal d’un point sur un plan donné par une équation cartésienne, puis d’utiliser la projection pour calculer une distance. Les deux formules encadrées résument ce calcul. Sans les mémoriser, on peut raisonner ainsi : la droite passant par PP et dirigée par n→\vec n s’écrit P+kn→P+k\vec n, avec k∈ℝk\in\mathbb{R} ; on cherche son intersection avec le plan. Dans l’exemple, (2+k)+2(1+2k)+2(2+2k)−6=0(2+k)+2(1+2k)+2(2+2k)-6=0, soit 9k+2=09k+2=0, donc k=−29k=-\frac29 : on retrouve le même point HH.

À retenir

Une projection se contrôle toujours avec deux informations : le point projeté appartient à la droite ou au plan, et le segment qui relie le point de départ au projeté est perpendiculaire à la direction ou au plan.

Projeté sur un plan : se déplacer selon la normale

x13y13z13OPH = N
δ = 2 ; H ≈ (1,78 ; 0,56 ; 1,56) ; distance = |δ| / 3 ≈ 0,67 unités
H = P − (δ / 9)·n. Contrôle : xH + 2yH + 2zH − 6 = 0. PH = −(δ / 9)·n est colinéaire à la normale. PN² ≈ 0,44 = 0,44 + 0. δ change de signe selon le côté du plan ; la valeur absolue donne une distance positive. Seule une portion du plan infini est représentée.
Repère orthonormé, axes gradués en unités. Vue projetée : longueurs et angles peuvent être déformés.

Fiche 06 / 07

5. Exercices gradués

Les exercices 1 et 2 entraînent la représentation d’une droite. Les exercices 3 et 4 travaillent les plans et les intersections. Les exercices 5 à 8 sont des entraînements plus autonomes. Les corrections détaillées, avec les calculs et les contrôles, sont dans le fascicule séparé.

Exercice 1 — Écrire et parcourir une droite

Compétence : construire une représentation paramétrique et calculer des points.

On considère A(2;−1;3)A\left(2\,;\,-1\,;\,3\right) et le vecteur non nul u→=(1;2;−1)\vec u=(1;2;-1).

  1. Écrire une représentation paramétrique de la droite dd passant par AA et dirigée par u→\vec u.

  2. Calculer les coordonnées de M(−1)M(-1), M(0)M(0) et M(3)M(3).

  3. Le point P(5;5;0)P\left(5\,;\,5\,;\,0\right) appartient-il à dd ? Et le point Q(5;4;0)Q\left(5\,;\,4\,;\,0\right) ? Justifier avec le paramètre.

Un indice avant de chercher plus loin

Pour la question a), commencer par M=A+tu→M=A+t\vec u. Pour la question c), la coordonnée xx de PP impose une valeur de tt : réutiliser cette valeur dans les deux autres coordonnées.

Exercice 2 — Deux points déterminent une droite

Compétence : utiliser AB→\overrightarrow{AB} comme vecteur directeur et reconnaître un point de la droite.

Soient A(−1;2;0)A\left(-1\,;\,2\,;\,0\right) et B(2;−2;3)B\left(2\,;\,-2\,;\,3\right).

  1. Calculer AB→\overrightarrow{AB}, puis donner une représentation paramétrique de la droite (AB)(AB).

  2. Le point C(5;−6;6)C\left(5\,;\,-6\,;\,6\right) appartient-il à (AB)(AB) ?

  3. Le point D(2;−1;3)D\left(2\,;\,-1\,;\,3\right) appartient-il à (AB)(AB) ?

  4. Donner les coordonnées du point correspondant à t=−1t=-1 dans votre représentation.

Un indice avant de chercher plus loin

Dans la représentation A+tAB→A+t\overrightarrow{AB}, le point BB correspond à t=1t=1. Pour un point testé, une seule valeur de tt doit fonctionner dans les trois coordonnées.

Exercice 3 — Construire et reconnaître un plan

Compétence : déterminer une équation cartésienne à partir d’un point et d’un vecteur normal.

Le plan 𝒫\mathcal P passe par A(1;−2;0)A\left(1\,;\,-2\,;\,0\right) et admet pour vecteur normal n→=(2;1;−1)\vec n=(2;1;-1).

  1. Déterminer une équation cartésienne de 𝒫\mathcal P.

  2. Tester l’appartenance des points M(2;−2;0)M\left(2\,;\,-2\,;\,0\right) et N(1;−1;1)N\left(1\,;\,-1\,;\,1\right) à 𝒫\mathcal P.

  3. Donner un autre vecteur normal au même plan en utilisant un multiple non nul de n→\vec n.

Un indice avant de chercher plus loin

Pour a), écrire AM→⋅n→=0\overrightarrow{AM}\mathbin{\cdot}\vec n=0, avec M(x;y;z)M\left(x\,;\,y\,;\,z\right). Pour b), remplacer x,y,zx,y,z par les coordonnées du point dans l’équation obtenue.

Exercice 4 — Une droite coupe un plan

Compétence : substituer une représentation paramétrique dans une équation cartésienne et interpréter la valeur du paramètre.

On considère d:{x=2−t,y=1+t,z=1+2t,t∈ℝ,d:\quad \begin{cases} x=2-t,\\ y=1+t,\\ z=1+2t, \end{cases} \qquad t\in\mathbb{R}, et le plan 𝒫:2x−y+z−5=0\mathcal P:2x-y+z-5=0.

  1. Déterminer la valeur de tt pour laquelle un point de dd est dans 𝒫\mathcal P.

  2. En déduire les coordonnées du point d’intersection II.

  3. Justifier que la droite est sécante au plan. On pourra comparer un vecteur directeur de dd et un vecteur normal à 𝒫\mathcal P.

Un indice avant de chercher plus loin

Remplacer les trois expressions de x,y,zx,y,z dans 2x−y+z−5=02x-y+z-5=0. Une unique solution en tt correspond à un unique point commun.

Exercice 5 — Résoudre un système de deux droites

Compétence : introduire deux paramètres et interpréter un système.

On considère les droites d:{x=1+t,y=2−t,z=−1+2t,d′:{x=1+2s,y=−1+s,z=4−s,t,s∈ℝ.d:\quad \begin{cases} x=1+t,\\ y=2-t,\\ z=-1+2t, \end{cases} \qquad d':\quad \begin{cases} x=1+2s,\\ y=-1+s,\\ z=4-s, \end{cases} \qquad t,s\in\mathbb{R}. Déterminer si les droites sont sécantes. Si elles le sont, calculer leur point commun et rédiger une phrase de conclusion.

Un indice avant de chercher plus loin

À un point commun correspondent les trois égalités 1+t=1+2s1+t=1+2s, 2−t=−1+s2-t=-1+s et −1+2t=4−s-1+2t=4-s. Utiliser deux équations pour trouver t,st,s, puis contrôler avec la troisième.

Exercice 6 — Projection sur une droite

Compétence : appliquer la formule de projection et contrôler une orthogonalité.

La droite dd passe par A(0;1;0)A\left(0\,;\,1\,;\,0\right) et est dirigée par u→=(1;2;1)\vec u=(1;2;1). On projette le point P(3;2;1)P\left(3\,;\,2\,;\,1\right) sur dd.

  1. Calculer AP→\overrightarrow{AP}, u→⋅u→\vec u\mathbin{\cdot}\vec u et AP→⋅u→\overrightarrow{AP}\mathbin{\cdot}\vec u.

  2. En déduire le paramètre t0t_0 du projeté H=A+t0u→H=A+t_0\vec u.

  3. Donner HH, puis calculer la distance PHPH.

  4. Vérifier que PH→⋅u→=0\overrightarrow{PH}\mathbin{\cdot}\vec u=0.

Un indice avant de chercher plus loin

Utiliser t0=AP→⋅u→u→⋅u→t_0=\dfrac{\overrightarrow{AP}\mathbin{\cdot}\vec u}{\vec u\mathbin{\cdot}\vec u}. Pour la distance, calculer la norme de PH→\overrightarrow{PH}.

Exercice 7 — Projection sur un plan

Compétence : utiliser une équation cartésienne pour déterminer un projeté et une distance.

On considère le plan 𝒫:x+y+z−3=0\mathcal P:x+y+z-3=0 et le point P(1;1;4)P\left(1\,;\,1\,;\,4\right).

  1. Donner un vecteur normal n→\vec n et calculer δ=1+1+4−3\delta=1+1+4-3.

  2. Calculer le projeté HH de PP sur 𝒫\mathcal P.

  3. Vérifier que HH appartient au plan.

  4. Calculer la distance de PP au plan.

Un indice avant de chercher plus loin

Ici n→=(1;1;1)\vec n=(1;1;1) et a2+b2+c2=3a^2+b^2+c^2=3. Utiliser H=P−δ3n→H=P-\dfrac{\delta}{3}\vec n.

Exercice 8 — Synthèse : trois points, un plan et une droite

Compétence : construire un vecteur normal avec un système, puis intersecter un plan et une droite. La question b) relève de l’approfondissement signalé dans la fiche 2.

On considère les points A(1;0;0)A\left(1\,;\,0\,;\,0\right), B(2;1;0)B\left(2\,;\,1\,;\,0\right) et C(1;0;2)C\left(1\,;\,0\,;\,2\right), ainsi que la droite d:{x=2+t,y=1+2t,z=3−t,t∈ℝ.d:\quad \begin{cases} x=2+t,\\ y=1+2t,\\ z=3-t, \end{cases} \qquad t\in\mathbb{R}.

  1. Calculer AB→\overrightarrow{AB} et AC→\overrightarrow{AC}.

  2. Chercher un vecteur normal n→=(a;b;c)\vec n=(a;b;c) au plan (ABC)(ABC) en écrivant les deux équations d’orthogonalité. Choisir une solution non nulle simple.

  3. En déduire une équation cartésienne du plan (ABC)(ABC).

  4. Déterminer le point d’intersection de dd et du plan (ABC)(ABC).

Un indice avant de chercher plus loin

Les équations de la question b) sont a+b=0a+b=0 et 2c=02c=0. Pour obtenir la constante de l’équation cartésienne, utiliser ensuite le point AA.

Rappel différé

Ces trois questions sont à refaire quelques jours plus tard, sans relire tout le cours. Les réponses sont dans la page des corrections.

  1. Donner une représentation paramétrique de la droite passant par A(−2;1;0)A\left(-2\,;\,1\,;\,0\right) et dirigée par u→=(1;0;2)\vec u=(1;0;2). Le point P(0;1;4)P\left(0\,;\,1\,;\,4\right) appartient-il à cette droite ?

  2. Pour le plan 𝒫:−x+2y+z−3=0\mathcal P:-x+2y+z-3=0, donner un vecteur normal et tester les points M(1;2;0)M\left(1\,;\,2\,;\,0\right) et N(1;1;0)N\left(1\,;\,1\,;\,0\right).

  3. Déterminer l’intersection de d:x=2−t,y=1+t,z=td:\ x=2-t,\ y=1+t,\ z=t avec le plan x+y+z−4=0x+y+z-4=0.

Fiche 07 / 07

Bilan : la méthode en quatre questions

La fiche réflexe

Avant de commencer un exercice, se poser les questions suivantes :

  1. Quel est l’objet ? Une droite, un plan, un point, une intersection ou une projection ?

  2. Quelle donnée dirige l’objet ? Pour une droite, chercher un point et un vecteur directeur. Pour un plan, chercher un point et un vecteur normal.

  3. Quelle traduction algébrique convient ? Paramètre pour une droite, équation cartésienne pour un plan, système pour un point commun, produit scalaire nul pour une perpendicularité.

  4. Que signifie le résultat ? Donner les coordonnées, vérifier l’équation ou l’orthogonalité, puis écrire une phrase géométrique.

Erreurs fréquentes

  • Utiliser trois paramètres différents dans les trois coordonnées d’une même droite : il faut un seul paramètre tt.

  • Écrire AB→=(xA−xB;…)\overrightarrow{AB}=(x_A-x_B;\ldots) : c’est arrivée moins départ, donc B−AB-A.

  • Oublier le signe moins devant une coordonnée négative, par exemple 0−(−2)=20-(-2)=2.

  • Lire le vecteur normal d’un plan comme (a;b;c;d)(a;b;c;d) : la constante dd n’est pas une coordonnée du vecteur normal.

  • Conclure trop vite qu’un point appartient à une droite après avoir vérifié une seule coordonnée : le même paramètre doit vérifier les trois.

  • Appeler δ=axP+byP+czP+d\delta=ax_P+by_P+cz_P+d une distance : la distance est |δ|/a2+b2+c2\lvert\delta\rvert/\sqrt{a^2+b^2+c^2}.

Auto-évaluation

Cocher ce qui est possible aujourd’hui :

  • Je sais écrire M=A+tu→M=A+t\vec u et sa forme coordonnée.

  • Je sais vérifier l’appartenance d’un point à une droite.

  • Je sais construire ax+by+cz+d=0ax+by+cz+d=0 avec un point et un normal.

  • Je sais remplacer une droite dans l’équation d’un plan.

  • Je sais utiliser un système et interpréter ses paramètres.

  • Je sais contrôler une projection par appartenance et orthogonalité.

Si une case reste vide, reprendre uniquement la section correspondante et un exercice associé. Une démarche partielle correctement expliquée est déjà un point d’appui pour la suite.

Cadre et références

Hypothèse de travail : terminale générale, spécialité mathématiques, année 2026–2027 ; bac 2027 supposé, échéance exacte à confirmer. Le diagnostic permet de choisir les rappels utiles. Les exercices sont créés pour l’apprentissage ; ce ne sont pas des sujets officiels.

Programme de 2019 (Bulletin officiel spécial no 8 du 25 juillet 2019), section « Représentations paramétriques et équations cartésiennes », relu le 3 octobre 2026 dans l’annexe du programme conservée à la racine du dossier de cours. Capacités attendues : représentation paramétrique d’une droite, équation cartésienne d’un plan, projeté orthogonal d’un point sur un plan ou une droite, traduction de problèmes par des systèmes simples. La recherche d’un vecteur orthogonal à deux vecteurs non colinéaires et l’intersection de deux plans y figurent comme approfondissements possibles.

Le programme publié au Bulletin officiel du 2 avril 2026 s’appliquera en terminale à partir de la rentrée 2027–2028, selon le cours d’origine ; sa page n’a pas pu être ouverte lors de la vérification du 3 octobre 2026.

Toutes les formules de ce cours supposent un repère orthonormé. Les dessins de l’espace sont des projections : les angles et les longueurs représentés peuvent être déformés.