Suites numériques

Terminale · Spécialité mathématiques · Chapitre 05

Suites numériques.
Des évolutions par étapes.

Décrire et comprendre une quantité observée rang après rang.

Commencer le diagnostic10 fiches · 10 exercices · 5 ateliersÀ ton rythme

Objectifs

  • Lire et écrire une suite définie par une formule, une relation de récurrence, un tableau ou un algorithme.
  • Reconnaître, étudier et modéliser une suite arithmétique ou géométrique.
  • Utiliser une somme, un sens de variation ou un raisonnement par récurrence pour justifier une réponse.
  • Conjecturer puis déterminer la limite d’une suite dans des situations simples et rechercher un seuil.

Cadre du cours. Ce fascicule réunit les rappels structurants de première et les approfondissements de terminale autour des suites. Pour une élève qui prépare la session 2027, le programme de référence de la terminale est celui du Bulletin officiel spécial no 8 du 25 juillet 2019. Il comprend notamment le raisonnement par récurrence, les limites de suites, les comparaisons et le comportement des suites géométriques. Le programme publié au Bulletin officiel no 14 du 2 avril 2026 s’appliquera à la terminale à partir de la rentrée 2027–2028 ; il est signalé ici pour éviter une confusion entre les deux textes. Les exercices de ce fascicule sont créés pour l’apprentissage et ne sont pas des sujets officiels.

Les textes de référence sont consultables sur les sites du ministère : programme de terminale du 25 juillet 2019 et nouveau programme publié le 2 avril 2026.

Organisation conseillée. Prévoir cinq séances de 35 à 45 minutes, avec une pause courte si nécessaire :

  1. diagnostic, vocabulaire et calcul des termes ;

  2. suites arithmétiques, géométriques et sommes ;

  3. variations et raisonnement par récurrence ;

  4. limites, comparaison et suites récurrentes ;

  5. modélisation, algorithme de seuil et exercice de synthèse.

Les exercices se trouvent dans ce fascicule avec leurs indices. Les corrections détaillées sont dans le fascicule séparé corrections.pdf. Essaie d’abord seule, consulte l’indice si nécessaire, puis seulement la correction.

Fiche 01 / 10

Avant de commencer : diagnostic et rappels

Durée indicative : 12 à 15 minutes, sans note et sans calculatrice. Ce diagnostic sert à repérer les gestes à reprendre, pas à attribuer une note. Si une question bloque, écrire simplement « à revoir » et continuer. Les réponses sont dans le fascicule séparé des corrections.

  1. Calculer en respectant les priorités opératoires : 7−2×37-2\times3.

  2. Calculer et simplifier : 34−18\dfrac{3}{4}-\dfrac{1}{8}.

  3. Calculer (−2)3(-2)^3 et 10210^2. Que devient le signe quand on élève un nombre négatif à une puissance impaire ?

  4. Résoudre l’équation 3x+5=203x+5=20.

  5. Un prix de 8080 euros augmente de 15%15\,\%. Quel est le coefficient multiplicateur et quel est le nouveau prix ?

  6. On définit un=3n−2u_n=3n-2, pour n∈ℕn\in\mathbb{N}. Calculer u0u_0 et u4u_4.

  7. On définit v0=5v_0=5 et vn+1=vn−2v_{n+1}=v_n-2. Calculer v1,v2,v3v_1,v_2,v_3.

  8. Pour chaque liste, les différences entre termes consécutifs sont-elles constantes ? Les rapports le sont-ils ? 4,7,10,13et3,6,12,24.4,\ 7,\ 10,\ 13 \qquad\text{et}\qquad 3,\ 6,\ 12,\ 24.

Corrections du diagnostic →

Les prérequis indispensables

Priorités opératoires. On effectue d’abord les parenthèses, puis les puissances, les multiplications et divisions, et enfin les additions et soustractions. À priorité égale, on lit de gauche à droite : 7−2×3=7−6=1.7-2\times3=7-6=1.

Fractions. Pour additionner ou soustraire, on utilise un même dénominateur : 34−18=68−18=58.\frac{3}{4}-\frac{1}{8}=\frac{6}{8}-\frac{1}{8}=\frac{5}{8}.

Pourcentage. Une hausse de t%t\,\% correspond au coefficient 1+t1001+\dfrac{t}{100}. Une baisse de t%t\,\% correspond au coefficient 1−t1001-\dfrac{t}{100}. Ainsi, une hausse de 15%15\,\% multiplie par 1,151{,}15 : 80×1,15=92.80\times1{,}15=92.

Nombres naturels et rangs. Dans ce cours, on prend ℕ={0,1,2,…}\mathbb{N}=\{0,1,2,\ldots\}. Le nombre nn est le rang et unu_n est le terme de rang nn. Certains énoncés commencent à n=1n=1 ; il faut alors respecter l’indexation donnée.

À retenirAvant de calculer un terme, repérer son rang et la façon dont la suite est définie. Une formule comme un=3n−2u_n=3n-2 se calcule directement ; une relation comme un+1=un−2u_{n+1}=u_n-2 demande de connaître le terme précédent.

Fiche 02 / 10

1. Comprendre une suite

L’idée essentielle : une évolution par étapes

Une suite sert à décrire une quantité observée à des instants séparés : le nombre de personnes inscrites chaque mois, le capital à la fin de chaque année, ou le nombre de cases d’une figure quand on ajoute une étape. Les instants sont numérotés par des nombres naturels. On étudie donc une évolution discrète, faite de valeurs isolées, et non toutes les valeurs intermédiaires.

Par exemple, si une cagnotte contient 2020 euros au départ et reçoit 55 euros chaque semaine, on peut noter unu_n la somme après nn semaines : u0=20,u1=25,u2=30,u3=35.u_0=20,\qquad u_1=25,\qquad u_2=30,\qquad u_3=35. La suite donne une valeur pour chaque rang.

rang nu012341318,824,630,436,242(0 ; 20)(1 ; 25)(2 ; 30)(3 ; 35)Nuage de points (n ; u_n) — cagnotte de 20 € puis +5 € par semaine
Figure 1. La représentation graphique d’une suite est un nuage de points (n ; un). On ne relie pas les points : les rangs sont discrets.

Deux façons principales de définir une suite

Définition explicite. Une formule donne directement le terme de rang nn : un=f(n).u_n=f(n). Pour calculer u6u_6, on remplace immédiatement nn par 66.

Définition par récurrence. On donne un premier terme et une règle qui permet de passer d’un terme au suivant : u0=valeur initiale,un+1=g(un).u_0=\text{valeur initiale},\qquad u_{n+1}=g(u_n). Pour calculer u4u_4, on calcule successivement u1u_1, puis u2u_2, puis u3u_3, puis u4u_4. La relation de récurrence ne donne pas directement le terme demandé sans les termes précédents.

Exemple entièrement détaillé

On considère la suite définie explicitement par un=3n−2.u_n=3n-2. Pour le terme de rang 00, on remplace nn par 00 : u0=3×0−2=−2.u_0=3\times0-2=-2. Pour le terme de rang 33, on remplace nn par 33 : u3=3×3−2=9−2=7.u_3=3\times3-2=9-2=7.

Cherchons le rang du terme égal à 1616. On traduit la question par un=16u_n=16, puis on remplace unu_n par sa formule : un=16⇔3n−2=16⇔3n=18⇔n=6.\begin{aligned} u_n=16 &\Longleftrightarrow 3n-2=16\\ &\Longleftrightarrow 3n=18\\ &\Longleftrightarrow n=6. \end{aligned} Comme 6∈ℕ6\in\mathbb{N}, le terme u6u_6 est bien défini et vaut 1616.

Exemple entièrement détaillé

On considère maintenant v0=2,vn+1=vn+3.v_0=2,\qquad v_{n+1}=v_n+3. On applique la règle une fois par ligne : v1=v0+3=2+3=5,v2=v1+3=5+3=8,v3=v2+3=8+3=11.\begin{aligned} v_1&=v_0+3=2+3=5,\\ v_2&=v_1+3=5+3=8,\\ v_3&=v_2+3=8+3=11. \end{aligned} La relation permet de calculer les termes, mais il faut avancer rang après rang. Plus loin, nous verrons que cette suite possède aussi une formule explicite, vn=2+3nv_n=2+3n.

Méthode

Pour calculer un terme :

  1. écrire le rang demandé ;

  2. vérifier si l’on dispose d’une formule explicite ou d’une relation de récurrence ;

  3. remplacer le rang dans la formule, ou calculer les termes intermédiaires dans l’ordre ;

  4. contrôler le résultat avec le sens de l’évolution : une hausse ne doit pas produire une valeur plus petite sans raison.

À retenirUne suite est une liste ordonnée u0,u1,u2,…u_0,u_1,u_2,\ldots. La notation unu_n désigne un terme ; la notation (un)n∈ℕ(u_n)_{n\in\mathbb{N}} désigne la suite entière. Une formule explicite donne directement un terme, tandis qu’une récurrence permet de construire le terme suivant à partir du précédent.

À toi de manipuler

Définir une suite et calculer ses termes

Choisis une définition explicite uₙ = a·n + b ou une définition par récurrence uₙ₊₁ = uₙ + r, puis fais varier les paramètres pour voir apparaître le nuage de points.

rang nu012345-5,44-1,262,917,0911,2615,44(0 ; -2)(1 ; 1)(2 ; 4)(3 ; 7)(4 ; 10)(5 ; 13)uₙ = 3n − 2 : termes calculés directement pour n = 0, 1, 2, …
Figure statique. Définition explicite : chaque rang n donne directement le terme uₙ.

Fiche 03 / 10

2. Suites arithmétiques : un ajout constant

Reconnaître une évolution arithmétique

Une quantité évolue de façon arithmétique lorsqu’elle reçoit toujours le même ajout, appelé la raison et noté rr. La définition est un+1=un+r.\boxed{u_{n+1}=u_n+r.} La différence entre deux termes consécutifs est donc constante : un+1−un=r.u_{n+1}-u_n=r. Un salaire qui augmente de 4040 euros chaque mois, ou une figure à laquelle on ajoute toujours 66 carreaux, sont des exemples de croissance arithmétique.

Terme général

Si la suite commence par u0u_0, alors un=u0+nr.\boxed{u_n=u_0+nr.} Plus généralement, si l’on connaît le terme upu_p, alors un=up+(n−p)rpour n≥p.\boxed{u_n=u_p+(n-p)r} \qquad\text{pour }n\geq p. On ajoute la raison autant de fois qu’il y a de passages du rang pp au rang nn.

Exemple entièrement détaillé

On considère une suite arithmétique telle que u0=12u_0=12 et r=5r=5. Les premiers termes permettent de comprendre la formule : u1=12+5u2=12+5+5u3=12+5+5+5.u_1=12+5\qquad u_2=12+5+5\qquad u_3=12+5+5+5. Au rang nn, on a ajouté 55 exactement nn fois : un=12+5n.u_n=12+5n. Par exemple, u7=12+5×7=12+35=47.u_7=12+5\times7=12+35=47. La formule est contrôlée par la relation de récurrence : un+1=12+5(n+1)=12+5n+5=un+5.u_{n+1}=12+5(n+1)=12+5n+5=u_n+5.

Sens de variation

La raison suffit à déterminer le sens de variation : Condition sur rÉvolution de (un)r>0strictement croissanter=0constanter<0strictement décroissante\begin{array}{c|c} \text{Condition sur }r&\text{Évolution de }(u_n)\\ \hline r>0&\text{strictement croissante}\\ r=0&\text{constante}\\ r<0&\text{strictement décroissante} \end{array} En effet, un+1−un=ru_{n+1}-u_n=r. Le signe de cette différence dit si l’on monte, si l’on reste au même niveau ou si l’on descend.

Somme des termes

Pour une suite arithmétique, la somme des termes de upu_p à unu_n est up+up+1+⋯+un=(n−p+1)(up+un)2.\boxed{u_p+u_{p+1}+\cdots+u_n =\frac{(n-p+1)(u_p+u_n)}{2}.} Il y a n−p+1n-p+1 termes. On multiplie leur nombre par la moyenne du premier et du dernier.

Exemple entièrement détaillé

Une association reçoit 120120 euros le premier mois, puis 1515 euros de plus chaque mois. On note unu_n la recette du mois de rang nn, avec le premier mois au rang 00. Ainsi, u0=120u_0=120 et r=15r=15.

La recette du sixième mois, de rang 55, vaut u5=120+5×15=120+75=195 euros.u_5=120+5\times15=120+75=195\text{ euros}. La recette totale des six premiers mois est S=u0+u1+⋯+u5=(5−0+1)(u0+u5)2=6(120+195)2=3×315=945 euros.\begin{aligned} S&=u_0+u_1+\cdots+u_5\\ &=\frac{(5-0+1)(u_0+u_5)}{2}\\ &=\frac{6(120+195)}{2}\\ &=3\times315=945\text{ euros}. \end{aligned} On vérifie l’unité : on a additionné des recettes en euros, donc le résultat est en euros.

Démonstration de la formule de somme

Posons S=up+up+1+⋯+un.S=u_p+u_{p+1}+\cdots+u_n. En écrivant la même somme dans l’autre ordre, S=un+un−1+⋯+up.S=u_n+u_{n-1}+\cdots+u_p. En additionnant membre à membre, chaque colonne vaut up+unu_p+u_n : 2S=(n−p+1)(up+un).2S=(n-p+1)(u_p+u_n). En divisant par 22, on obtient la formule annoncée. Le cas particulier 1+2+⋯+n1+2+\cdots+n correspond à p=1p=1, up=1u_p=1, un=nu_n=n : 1+2+⋯+n=n(n+1)2.\boxed{1+2+\cdots+n=\frac{n(n+1)}{2}.}

À retenirSuite arithmétique signifie « même ajout à chaque étape » : un+1=un+ru_{n+1}=u_n+r, puis un=u0+nru_n=u_0+nr. Pour une somme, compter les termes avant d’appliquer nombre de termes×(premier+dernier)2\dfrac{\text{nombre de termes}\times(\text{premier}+ \text{dernier})}{2}.

Fiche 04 / 10

3. Suites géométriques : un facteur constant

Reconnaître une évolution géométrique

Une quantité évolue de façon géométrique lorsqu’elle est multipliée toujours par le même nombre, appelé la raison et noté qq. La définition est un+1=qun.\boxed{u_{n+1}=q\,u_n.} Lorsque les termes à comparer sont non nuls, cela revient à dire un+1un=q.\frac{u_{n+1}}{u_n}=q. La relation de récurrence reste la définition la plus sûre, notamment lorsqu’un terme vaut zéro.

Une hausse de t%t\,\% est une multiplication par 1+t1001+\dfrac{t}{100} ; une baisse de t%t\,\% est une multiplication par 1−t1001-\dfrac{t}{100}. Une évolution à pourcentage constant est donc modélisée par une suite géométrique.

Terme général

Si la suite commence par u0u_0, alors un=u0qn.\boxed{u_n=u_0q^n.} Plus généralement, un=upqn−ppour n≥p.\boxed{u_n=u_pq^{n-p}} \qquad\text{pour }n\geq p. L’exposant compte le nombre de multiplications effectuées.

Exemple entièrement détaillé

Un capital de 800800 euros augmente de 4%4\,\% chaque année. On note CnC_n le capital après nn années.

Le coefficient multiplicateur est q=1+4100=1,04.q=1+\frac{4}{100}=1{,}04. La situation se traduit par C0=800,Cn+1=1,04Cn.C_0=800,\qquad C_{n+1}=1{,}04C_n. Il s’agit d’une suite géométrique, donc Cn=800×1,04n.\boxed{C_n=800\times1{,}04^n.} Après trois ans, C3=800×1,043=800×1,124864=899,8912 euros.\begin{aligned} C_3&=800\times1{,}04^3\\ &=800\times1{,}124864\\ &=899{,}8912\text{ euros}. \end{aligned} En pratique, on peut annoncer environ 899,89899{,}89 euros si l’on arrondit au centime. Il ne faut pas remplacer une hausse de 4%4\,\% par un ajout fixe de 44 euros : le pourcentage s’applique au capital présent à chaque étape.

Sens de variation dans le cas usuel

Lorsque u0>0u_0>0 et q>0q>0, on obtient : Condition sur qÉvolution de (un)q>1strictement croissanteq=1constante0<q<1strictement décroissante\begin{array}{c|c} \text{Condition sur }q&\text{Évolution de }(u_n)\\ \hline q>1&\text{strictement croissante}\\ q=1&\text{constante}\\ 0<q<1&\text{strictement décroissante} \end{array} Pour une raison négative, les termes changent généralement de signe à chaque étape : il faut alors étudier les termes un par un et ne pas appliquer ce tableau. Par exemple, (−2)n(-2)^n alterne entre des valeurs positives et négatives.

Somme des termes

Pour q≠1q\neq1, 1+q+q2+⋯+qn=1−qn+11−q.\boxed{1+q+q^2+\cdots+q^n=\frac{1-q^{n+1}}{1-q}.} Ainsi, pour une suite géométrique de premier terme u0u_0, u0+u1+⋯+un=u01−qn+11−q.\boxed{u_0+u_1+\cdots+u_n =u_0\frac{1-q^{n+1}}{1-q}.} Si q=1q=1, tous les termes valent u0u_0, donc la somme vaut (n+1)u0(n+1)u_0.

Exemple entièrement détaillé

Calculons S=3+6+12+24+48.S=3+6+12+24+48. Le premier terme est 33, la raison est 22, et le dernier rang est 44. Il y a donc cinq termes : S=3×1−251−2=3×1−32−1=3×31=93.\begin{aligned} S&=3\times\frac{1-2^5}{1-2}\\ &=3\times\frac{1-32}{-1}\\ &=3\times31=93. \end{aligned} Le calcul direct 3+6+12+24+48=933+6+12+24+48=93 confirme le résultat.

Démonstration de la formule de somme

Posons S=1+q+q2+⋯+qn.S=1+q+q^2+\cdots+q^n. En multipliant par qq, qS=q+q2+⋯+qn+qn+1.qS=q+q^2+\cdots+q^n+q^{n+1}. En soustrayant, les termes intermédiaires s’annulent : S−qS=1−qn+1,(1−q)S=1−qn+1.\begin{aligned} S-qS&=1-q^{n+1},\\ (1-q)S&=1-q^{n+1}. \end{aligned} Comme q≠1q\neq1, on peut diviser par 1−q1-q, ce qui donne la formule.

À retenirSuite géométrique signifie « même facteur à chaque étape » : un+1=qunu_{n+1}=qu_n, puis un=u0qnu_n=u_0q^n. Pour un pourcentage constant, le coefficient est 1+t/1001+t/100 en cas de hausse et 1−t/1001-t/100 en cas de baisse. La formule de somme exige de distinguer le cas q=1q=1.

À toi de manipuler

Ajouter une constante ou multiplier par un facteur

Compare uₙ = u₀ + n·r (arithmétique) et vₙ = u₀·qⁿ (géométrique) à partir du même premier terme. Un même écart ne produit pas la même évolution qu’un même pourcentage.

rang nu01234512,220,3228,4436,5644,6852,8(0 ; 20)(1 ; 25)(2 ; 30)(3 ; 35)(4 ; 40)(5 ; 45)Suite arithmétique u₀ = 20 et r = 5 : un ajout constant
Figure statique. Arithmétique : le même ajout à chaque étape. Géométrique : le même facteur.

Fiche 05 / 10

4. Variations et représentations

Comparer deux termes consécutifs

Pour savoir si une suite est croissante ou décroissante, on compare un+1u_{n+1} et unu_n. Le calcul le plus général consiste à étudier un+1−un.u_{n+1}-u_n.

  • Si un+1−un≥0u_{n+1}-u_n\geq0 pour tout nn, la suite est croissante.

  • Si un+1−un≤0u_{n+1}-u_n\leq0 pour tout nn, la suite est décroissante.

  • Si le signe change, on ne peut pas conclure à une variation monotone avec cette comparaison.

Pour une suite à termes strictement positifs, on peut aussi comparer le rapport un+1/unu_{n+1}/u_n à 11 : un rapport supérieur à 11 signifie une hausse, un rapport entre 00 et 11 une baisse. Cette méthode dépend de la positivité ; avec des signes négatifs, elle peut être trompeuse.

Exemple entièrement détaillé

On considère wn=6n+2,n∈ℕ.w_n=\frac{6}{n+2},\qquad n\in\mathbb{N}. Pour comparer deux termes consécutifs, on calcule leur différence : wn+1−wn=6n+3−6n+2=6(n+2)−6(n+3)(n+3)(n+2)=−6(n+3)(n+2).\begin{aligned} w_{n+1}-w_n &=\frac{6}{n+3}-\frac{6}{n+2}\\ &=\frac{6(n+2)-6(n+3)}{(n+3)(n+2)}\\ &=\frac{-6}{(n+3)(n+2)}. \end{aligned} Pour tout n∈ℕn\in\mathbb{N}, le dénominateur est positif et le numérateur est négatif. La différence est donc négative : la suite (wn)(w_n) est strictement décroissante.

Lire un tableau et un graphique

Un tableau de valeurs associe chaque rang à son terme : n01234un2581114\begin{array}{c|ccccc} n&0&1&2&3&4\\ \hline u_n&2&5&8&11&14 \end{array} Les différences valent toutes 33 : les valeurs suggèrent une suite arithmétique de raison 33. Une liste de termes permet de faire une conjecture, mais une justification générale est nécessaire pour affirmer qu’une suite est arithmétique ou géométrique.

La représentation graphique d’une suite est le nuage de points (n,un)(n,u_n). Il faut lire les deux axes, leurs graduations et leurs unités. Une suite arithmétique donne des points alignés sur une droite, mais l’inverse doit être interprété avec précaution : seuls les rangs naturels sont concernés.

Suite arithmétique ou géométrique ?

Pour choisir le modèle, traduire la phrase de l’énoncé :

Phrase ou situation Modèle
« on ajoute rr à chaque étape » ; accroissement absolu constant suite arithmétique : un+1=un+ru_{n+1}=u_n+r
« on multiplie par qq » ; taux d’évolution constant suite géométrique : un+1=qunu_{n+1}=qu_n
« le terme suivant dépend d’une autre règle » suite définie par récurrence générale : calculer ou étudier la règle

Attention au vocabulaire. Ajouter 55 à chaque étape et augmenter de 5%5\,\% à chaque étape ne décrivent pas la même évolution. Dans le premier cas, l’écart est constant ; dans le second, le facteur est constant.

À retenirPour une variation, comparer un+1−unu_{n+1}-u_n. Pour reconnaître un modèle, chercher d’abord « même ajout » ou « même facteur ». Un tableau ou un graphique aide à conjecturer, mais une preuve porte sur tous les rangs.

Fiche 06 / 10

5. Démontrer par récurrence

Pourquoi une preuve par récurrence ?

Une affirmation peut être vraie pour les premiers rangs sans être vraie pour tous les rangs. Le raisonnement par récurrence permet de vérifier une propriété à chaque étape, comme une rangée de dominos :

rang 0rang 1rang 2rang 3initialisation puis hérédité
Figure 2. La récurrence : une première étape et un passage valable d’un rang au suivant.

Pour prouver une propriété P(n)P(n) pour tout n∈ℕn\in\mathbb{N}, on écrit trois parties :

  1. Initialisation : vérifier P(0)P(0) (ou le premier rang de l’énoncé).

  2. Hérédité : supposer P(k)P(k) vraie pour un rang kk, puis démontrer P(k+1)P(k+1).

  3. Conclusion : la propriété est vraie pour tout n∈ℕn\in\mathbb{N}.

L’hypothèse « P(k)P(k) est vraie » n’est utilisée que pendant l’étape d’hérédité. Il faut la citer explicitement.

Exemple entièrement détaillé

On définit u0=1,un+1=12un+1.u_0=1,\qquad u_{n+1}=\frac12u_n+1. Montrons par récurrence que, pour tout n∈ℕn\in\mathbb{N}, 1≤un<2.1\leq u_n<2.

Initialisation. Pour n=0n=0, on sait que u0=1u_0=1. Donc 1≤u0<2.1\leq u_0<2. La propriété est vraie au rang 00.

Hérédité. Supposons qu’à un rang kk, on ait 1≤uk<21\leq u_k<2. Comme on multiplie une inégalité par le nombre positif 1/21/2, 12≤12uk<1.\frac12\leq\frac12u_k<1. En ajoutant 11 aux trois membres, 32≤12uk+1<2.\frac32\leq\frac12u_k+1<2. Or uk+1=12uk+1u_{k+1}=\dfrac12u_k+1, donc 1≤uk+1<2.1\leq u_{k+1}<2. La propriété est héréditaire.

Conclusion. Par le principe de récurrence, pour tout n∈ℕn\in\mathbb{N}, 1≤un<21\leq u_n<2.

Cette propriété permet ensuite d’étudier les variations : un+1−un=12un+1−un=1−12un.\begin{aligned} u_{n+1}-u_n &=\frac12u_n+1-u_n\\ &=1-\frac12u_n. \end{aligned} Comme un<2u_n<2, on a 1−12un>01-\dfrac12u_n>0. La suite est donc strictement croissante. Elle est croissante et majorée par 22, donc elle converge. Si sa limite est ℓ\ell, la relation de récurrence donne ℓ=12ℓ+1⇔12ℓ=1⇔ℓ=2.\ell=\frac12\ell+1 \quad\Longleftrightarrow\quad \frac12\ell=1 \quad\Longleftrightarrow\quad \ell=2. La suite converge donc vers 22.

Méthode

Pour une suite récurrente, une preuve de majoration ou de minoration suit souvent ce plan : partir de l’encadrement supposé pour uku_k, appliquer la formule de récurrence, puis vérifier que le même encadrement est obtenu pour uk+1u_{k+1}. Ne pas remplacer l’hérédité par la seule vérification de quelques termes.

À retenirUne récurrence complète comporte : initialisation, hérédité, conclusion. Pour étudier une suite définie par récurrence, on cherche souvent un intervalle dans lequel elle reste, puis on étudie le signe de un+1−unu_{n+1}-u_n.

À toi de manipuler

Suite récurrente et point fixe

Étudie uₙ₊₁ = a·uₙ + b. Avance étape par étape pour observer la convergence vers le point fixe ℓ = b / (1 − a) lorsque 0 < a < 1.

rang nu01234560,581,7934,25,416,62(0 ; 2)(1 ; 4)(2 ; 5)(3 ; 5,5)(4 ; 5,75)(5 ; 5,88)(6 ; 5,94)u₀ = 2 et uₙ₊₁ = ½·uₙ + 3 : une convergence vers 6
Figure statique. La suite se rapproche de 6 sans jamais l’atteindre.

Fiche 07 / 10

6. Limites de suites

Comprendre l’idée de limite

La limite décrit le comportement des termes quand le rang devient très grand. Dire que unu_n tend vers ℓ\ell signifie que les termes finissent par être arbitrairement proches de ℓ\ell. Ils n’ont pas besoin d’être égaux à ℓ\ell, ni même de l’atteindre.

Par exemple, un=1−1n+1u_n=1-\dfrac{1}{n+1} donne u0=0,u1=0,5,u2≈0,667,u10≈0,909.u_0=0,\quad u_1=0{,}5,\quad u_2\approx0{,}667,\quad u_{10}\approx0{,}909. Les valeurs se rapprochent de 11 : on écrit limn→+∞un=1.\lim_{n\to+\infty}u_n=1.

On distingue trois comportements fréquents :

  • convergence vers un réel ℓ\ell ;

  • divergence vers +∞+\infty ou vers −∞-\infty ;

  • absence de limite, par exemple lorsque les termes oscillent sans se rapprocher d’une même valeur.

Limites usuelles

Quelques résultats à connaître : limn→+∞n=+∞,limn→+∞1n=0,limn→+∞1n2=0.\lim_{n\to+\infty}n=+\infty, \qquad \lim_{n\to+\infty}\frac{1}{n}=0, \qquad \lim_{n\to+\infty}\frac{1}{n^2}=0. Pour une puissance géométrique, le comportement dépend de qq : Condition sur qlimn→+∞qnq>1+∞q=11−1<q<10q=−1pas de limiteq<−1pas de limite\begin{array}{c|c} \text{Condition sur }q&\displaystyle\lim_{n\to+\infty}q^n\\ \hline q>1&+\infty\\ q=1&1\\ -1<q<1&0\\ q=-1&\text{pas de limite}\\ q<-1&\text{pas de limite} \end{array} Dans le dernier cas, les valeurs absolues deviennent très grandes mais les signes alternent. Ce n’est ni une limite vers +∞+\infty, ni une limite vers −∞-\infty.

Par multiplication par une constante, on en déduit par exemple : lim⁡5×0,8n=0,lim⁡(−3)×1,2n=−∞.\lim 5\times0{,}8^n=0, \qquad \lim(-3)\times1{,}2^n=-\infty.

Opérations sur les limites

Si un→ℓu_n\to\ell et vn→mv_n\to m, alors, dans les cas où l’opération a un sens, un+vn→ℓ+mun−vn→ℓ−munvn→ℓm.u_n+v_n\to\ell+m\qquad u_n-v_n\to\ell-m\qquad u_nv_n\to\ell m. Si m≠0m\neq0, alors unvn→ℓm.\frac{u_n}{v_n}\longrightarrow\frac{\ell}{m}. Les expressions comme +∞−∞+\infty-\infty ou 0×(+∞)0\times(+\infty) ne donnent pas une conclusion immédiate : il faut transformer l’expression ou utiliser une comparaison.

Exemple entièrement détaillé

Calculons la limite de un=4n−12n+3.u_n=\frac{4n-1}{2n+3}. On fait apparaître le terme dominant : 4n−1=2(2n+3)−7.4n-1=2(2n+3)-7. Donc, pour tout n∈ℕn\in\mathbb{N}, un=2(2n+3)−72n+3=2−72n+3.u_n=\frac{2(2n+3)-7}{2n+3}=2-\frac{7}{2n+3}. Comme 2n+3→+∞2n+3\to+\infty, on a 72n+3→0\dfrac{7}{2n+3}\to0. Par conséquent, limn→+∞un=2.\boxed{\lim_{n\to+\infty}u_n=2.} Le résultat est cohérent : pour de grandes valeurs de nn, le quotient des termes dominants 4n4n et 2n2n vaut 22.

Théorème des gendarmes

Si, à partir d’un certain rang, an≤un≤bna_n\leq u_n\leq b_n et si ana_n et bnb_n tendent vers le même réel ℓ\ell, alors un→ℓ.\boxed{u_n\longrightarrow\ell.} La suite unu_n est « coincée » entre deux suites qui se rapprochent de la même valeur.

Exemple entièrement détaillé

On considère un=(−1)nn+1.u_n=\frac{(-1)^n}{n+1}. Comme (−1)n(-1)^n vaut toujours −1-1 ou 11, −1≤(−1)n≤1.-1\leq(-1)^n\leq1. En divisant par n+1>0n+1>0, −1n+1≤un≤1n+1.-\frac{1}{n+1}\leq u_n\leq\frac{1}{n+1}. Les deux bornes tendent vers 00. Le théorème des gendarmes donne donc limn→+∞(−1)nn+1=0.\boxed{\lim_{n\to+\infty}\frac{(-1)^n}{n+1}=0.} Les signes alternent, mais l’amplitude 1/(n+1)1/(n+1) devient de plus en plus petite : l’oscillation ne suffit pas à empêcher la convergence.

Suite monotone et bornée

Un théorème important permet de conclure sans connaître immédiatement la limite : Toute suite croissante et majorée converge.\boxed{\text{Toute suite croissante et majorée converge.}} De même, toute suite décroissante et minorée converge. Une majoration est un nombre qui reste au-dessus de tous les termes ; une minoration reste en dessous. Dans l’exemple de la section précédente, (un)(u_n) est croissante et tous ses termes sont inférieurs à 22, donc elle converge.

Attention. Une suite croissante peut tendre vers +∞+\infty si elle n’est pas majorée, comme un=nu_n=n. Une suite bornée n’est pas forcément convergente : (−1)n(-1)^n est bornée mais n’a pas de limite.

Chercher la limite d’une suite récurrente

Pour une suite définie par un+1=f(un)u_{n+1}=f(u_n), on peut suivre ce plan :

  1. prouver que la suite reste dans un intervalle adapté ;

  2. prouver qu’elle est croissante ou décroissante ;

  3. utiliser le théorème des suites monotones et bornées ;

  4. appeler ℓ\ell la limite et remplacer unu_n et un+1u_{n+1} par ℓ\ell dans la relation, lorsque cette opération est justifiée.

L’équation obtenue donne une valeur candidate. Les étapes précédentes restent indispensables : résoudre seulement ℓ=f(ℓ)\ell=f(\ell) ne prouve pas que la suite converge.

À retenirPour une limite, identifier d’abord la forme de la suite. Utiliser les limites usuelles, les opérations, un encadrement ou le théorème des gendarmes. Pour une suite récurrente, établir d’abord variation et bornes ; l’équation sur la limite vient ensuite. Une suite bornée n’est pas automatiquement convergente.

À toi de manipuler

Comportement de qⁿ selon la raison

Fais varier la raison q et le premier terme u₀ de la suite uₙ = u₀·qⁿ. Observe la limite : 0 si −1 < q < 1, u₀ si q = 1, et une divergence si q > 1.

rang nu0123456-0,440,842,113,394,665,94(0 ; 5)(1 ; 3)(2 ; 1,8)(3 ; 1,08)(4 ; 0,65)(5 ; 0,39)(6 ; 0,23)u₀ = 5 et q = 0,6 : les termes se rapprochent de 0
Figure statique. Suite géométrique de raison 0,6 : convergence vers 0.

Fiche 08 / 10

7. Modéliser et rechercher un seuil

Passer d’un énoncé à une suite

Pour modéliser une évolution, on nomme précisément la quantité et son unité. On peut suivre quatre étapes :

  1. définir unu_n : que représente-t-il et à quel rang correspond n=0n=0 ?

  2. traduire l’évolution d’une étape à la suivante ;

  3. choisir une relation explicite ou une relation de récurrence ;

  4. contrôler le premier passage avec les données de l’énoncé.

Exemple entièrement détaillé

Un compte contient 10001000 euros. Il augmente de 2%2\,\% par mois. On note CnC_n le solde après nn mois. Le coefficient multiplicateur est 1,021{,}02, donc C0=1000,Cn+1=1,02CnCn=1000×1,02n.C_0=1000,\qquad C_{n+1}=1{,}02C_n\qquad C_n=1000\times1{,}02^n. Cherchons le premier mois où le solde atteint au moins 12001200 euros. La question se traduit par Cn≥1200.C_n\geq1200. Un algorithme peut calculer les termes jusqu’à ce seuil :

capital = 1000
n = 0
while capital < 1200:
    capital = 1.02 * capital
    n = n + 1
print(n, capital)

La boucle s’arrête au premier rang où la condition capital<1200capital<1200 devient fausse. Avec une calculatrice, C9≈1195,09<1200,C10≈1218,99≥1200.C_9\approx1195{,}09<1200, \qquad C_{10}\approx1218{,}99\geq1200. Le premier rang recherché est donc n=10n=10 : le seuil est atteint après dix mois. Le contrôle de C9C_9 est important pour justifier le mot « premier ».

Un algorithme de calcul de termes

Pour une relation de récurrence, on peut conserver uniquement le dernier terme calculé :

u = u0
for k in range(1, n+1):
    u = formule_de_passage(u)
print(u)

Il faut adapter la syntaxe à la calculatrice ou au langage utilisé. L’idée mathématique reste la même : initialiser au bon terme, répéter exactement le nombre de passages nécessaire, puis lire la valeur obtenue.

Erreur fréquente. Dans une boucle de seuil, si l’on augmente une quantité avant de tester la condition, le rang compté correspond au terme suivant. Il faut préciser ce que contient la variable avant la boucle et vérifier le terme juste avant l’arrêt.

À retenirUne modélisation réussie relie toujours une lettre, un rang, une unité et une règle d’évolution. Pour un seuil, l’algorithme doit fournir le premier rang satisfaisant la condition et permettre de contrôler le rang précédent.

À toi de manipuler

Rechercher un seuil par étapes

Fais varier le premier terme, le taux d’évolution et le seuil. Repère le premier rang où la suite dépasse (ou passe sous) le seuil, et vérifie toujours le rang précédent.

rang nu012345678910111240,254,1268,0481,9695,88109,8(0 ; 50)(2 ; 56,18)(4 ; 63,12)(6 ; 70,93)(8 ; 79,69)(10 ; 89,54)(12 ; 100,61)Pₙ = 50 × 1,06ⁿ : le seuil de 100 est franchi au rang 12
Figure statique. Recherche de seuil : le premier rang qui satisfait la condition, et le contrôle du rang précédent.

Fiche 09 / 10

Exercices gradués

Les exercices sont classés du plus guidé au plus autonome. Pour chacun, indique la donnée utile, la méthode choisie et une phrase de conclusion. Les corrections détaillées se trouvent dans le fascicule séparé, avec la même numérotation.

Exercice 1 — Rang et modes de génération – 6 min

On considère la suite un=2n−3u_n=2n-3, pour n∈ℕn\in\mathbb{N}, et la suite v0=1v_0=1, vn+1=vn+4v_{n+1}=v_n+4.

  1. Calculer u0u_0 et u4u_4.

  2. Déterminer le rang nn tel que un=13u_n=13.

  3. Calculer v1,v2,v3v_1,v_2,v_3.

  4. Préciser laquelle des deux suites est donnée explicitement et laquelle est donnée par récurrence.

Indice

Pour la question b), remplacer unu_n par 2n−32n-3. Pour la suite (vn)(v_n), appliquer la relation une fois par ligne.

Exercice 2 — Suite arithmétique : augmentation fixe – 8 min

On considère a0=18a_0=18 et an+1=an+5a_{n+1}=a_n+5.

  1. Justifier que (an)(a_n) est arithmétique et donner sa raison.

  2. Donner l’expression de ana_n en fonction de nn, puis calculer a12a_{12}.

  3. Calculer S=a0+a1+⋯+a12S=a_0+a_1+\cdots+a_{12}.

  4. Indiquer le sens de variation de la suite et le justifier.

Indice

Il y a 12−0+112-0+1 termes dans la somme. Le dernier terme est nécessaire pour utiliser la formule de moyenne du premier et du dernier.

Exercice 3 — Suite géométrique et pourcentage – 10 min

Une batterie contient 600600 unités d’énergie au rang 00. Elle perd 12%12\,\% de son énergie à chaque cycle. On note bnb_n la quantité après nn cycles.

  1. Déterminer le coefficient multiplicateur et calculer b1b_1 et b2b_2.

  2. Donner l’expression de bnb_n en fonction de nn.

  3. Calculer b5b_5 et b6b_6, au centième près.

  4. À partir de quel cycle la quantité devient-elle strictement inférieure à 300300 unités ? Justifier que le cycle trouvé est le premier.

Indice

Une perte de 12%12\,\% correspond au facteur 1−0,121-0{,}12. Pour la dernière question, comparer deux termes consécutifs autour du seuil.

Exercice 4 — Reconnaître une suite à partir de ses termes – 8 min

On observe les listes suivantes : n01234an58111417bn261854162cn124711\begin{array}{c|ccccc} n&0&1&2&3&4\\ \hline a_n&5&8&11&14&17\\ b_n&2&6&18&54&162\\ c_n&1&2&4&7&11 \end{array}

  1. Pour chaque ligne, calculer les différences consécutives et, lorsque c’est possible, les rapports consécutifs.

  2. Identifier les suites arithmétiques et géométriques.

  3. Pour les deux suites identifiées, donner une formule de ana_n ou bnb_n.

  4. La troisième suite est-elle arithmétique ou géométrique ? Justifier.

Indice

Une différence constante caractérise le modèle arithmétique ; un rapport constant caractérise le modèle géométrique lorsque les divisions sont possibles.

Exercice 5 — Récurrence : rester dans un intervalle – 12 min

On définit u0=2,un+1=12un+3.u_0=2,\qquad u_{n+1}=\frac12u_n+3.

  1. Calculer les trois premiers termes après u0u_0.

  2. Démontrer par récurrence que, pour tout n∈ℕn\in\mathbb{N}, 2≤un<62\leq u_n<6.

  3. Étudier le signe de un+1−unu_{n+1}-u_n et en déduire le sens de variation.

  4. Justifier que la suite converge, puis déterminer sa limite.

Indice

Pour l’hérédité, partir de 2≤uk<62\leq u_k<6 et appliquer la fonction x↦12x+3x\mapsto\frac12x+3. Pour la variation, développer un+1−unu_{n+1}-u_n, puis utiliser la borne supérieure.

Exercice 6 — Suite récurrente et point fixe – 12 min

On définit v0=0,vn+1=vn+42.v_0=0,\qquad v_{n+1}=\frac{v_n+4}{2}.

  1. Calculer v1,v2,v3v_1,v_2,v_3.

  2. Démontrer que 0≤vn≤40\leq v_n\leq4 pour tout n∈ℕn\in\mathbb{N}.

  3. Montrer que vn+1−vn≥0v_{n+1}-v_n\geq0, puis préciser quand cette différence est strictement positive.

  4. En déduire la convergence de (vn)(v_n) et calculer sa limite.

Indice

Pour la borne, si 0≤vk≤40\leq v_k\leq4, encadrer vk+42\dfrac{v_k+4}{2}. Pour la variation, écrire vn+1−vn=4−vn2v_{n+1}-v_n=\dfrac{4-v_n}{2}.

Exercice 7 — Limites directes – 10 min

Déterminer les limites suivantes lorsque nn tend vers +∞+\infty. Justifier la règle utilisée.

  1. un=3n−7u_n=3n-7 ;

  2. vn=5n+1v_n=\dfrac{5}{n+1} ;

  3. wn=2×0,7nw_n=2\times0{,}7^n ;

  4. xn=−4×1,1nx_n=-4\times1{,}1^n ;

  5. yn=(−1)ny_n=(-1)^n ;

  6. zn=4n+1n−2z_n=\dfrac{4n+1}{n-2}.

Indice

Pour f), faire apparaître le rapport des termes de plus haut degré, ou écrire le numérateur sous la forme 4(n−2)+94(n-2)+9.

Exercice 8 — Théorème des gendarmes – 10 min

On considère un=(−1)nn+2.u_n=\frac{(-1)^n}{n+2}.

  1. Encadrer unu_n par deux expressions simples dépendant de nn.

  2. Déterminer la limite de chacune des bornes.

  3. Conclure sur la limite de (un)(u_n) en citant le théorème utilisé.

Indice

Commencer par −1≤(−1)n≤1-1\leq(-1)^n\leq1. Le dénominateur n+2n+2 est toujours strictement positif.

Exercice 9 — Un seuil de population – 15 min

Une population de bactéries contient 5050 milliers de bactéries au rang 00 et augmente de 6%6\,\% chaque mois. On note PnP_n l’effectif, en milliers, après nn mois.

  1. Donner la relation de récurrence puis une formule explicite pour PnP_n.

  2. Écrire un algorithme qui détermine le premier rang nn tel que Pn≥100P_n\geq100.

  3. À l’aide d’une calculatrice ou d’un tableau de valeurs, déterminer ce rang et contrôler le terme précédent.

  4. Interpréter la réponse dans le contexte.

Indice

Le facteur de croissance est 1,061{,}06. L’algorithme doit commencer avec P=50P=50 et n=0n=0, puis augmenter le rang en même temps que la population.

Exercice 10 — Synthèse : un réservoir qui se vide – 25 min

Un réservoir contient 800800 litres d’eau au jour 00. Chaque jour, il perd 15%15\,\% de son contenu puis reçoit 4040 litres. On note VnV_n son volume, en litres, au jour nn. On admet que le réservoir ne déborde pas.

  1. Traduire l’évolution par une relation de récurrence et calculer V1V_1 et V2V_2.

  2. Montrer par récurrence que Vn≥8003V_n\geq\dfrac{800}{3} pour tout n∈ℕn\in\mathbb{N}.

  3. Montrer que (Vn)(V_n) est décroissante.

  4. Justifier que la suite converge et noter ℓ\ell sa limite.

  5. En passant à la limite dans la relation de récurrence, déterminer ℓ\ell et l’interpréter.

Indice

Après la perte, il reste 0,85Vn0{,}85V_n. Pour la borne, vérifier que 0,85×8003+40=80030{,}85\times\dfrac{800}{3}+40=\dfrac{800}{3}. Pour la variation, développer Vn+1−VnV_{n+1}-V_n et utiliser la borne de la question b).

Fiche 10 / 10

Bilan et rappel différé

Les erreurs fréquentes à surveiller

  • Confondre le terme unu_n et la suite entière (un)(u_n).

  • Commencer à u1u_1 alors que l’énoncé donne u0u_0, ou compter un mauvais nombre de termes dans une somme.

  • Transformer une hausse de t%t\,\% en ajout de tt, au lieu d’utiliser le facteur multiplicateur.

  • Utiliser une formule géométrique pour une suite arithmétique, ou l’inverse.

  • Conclure à partir de quatre ou cinq termes sans démonstration générale.

  • Résoudre l’équation ℓ=f(ℓ)\ell=f(\ell) sans avoir prouvé que la suite converge.

  • Dire qu’une suite bornée converge : l’exemple (−1)n(-1)^n montre que c’est faux.

  • Donner un rang de seuil sans vérifier que le terme précédent ne satisfait pas encore la condition.

Auto-évaluation

Cocher une case après le travail :

Je sais... seul(e) avec un rappel à reprendre
calculer un terme explicite ou récurrent
reconnaître un ajout constant et un facteur constant
calculer le terme général et une somme
rédiger initialisation, hérédité et conclusion
étudier une variation avec une différence
choisir une méthode de limite
traduire un seuil en algorithme et contrôler le rang précédent

Si un exercice bloque, revenir à cette courte procédure :

  1. entourer la quantité étudiée, son unité et son rang initial ;

  2. écrire les trois premières valeurs ou la première relation de passage ;

  3. dire avec des mots si l’évolution ajoute ou multiplie ;

  4. choisir une seule méthode et écrire la première étape ;

  5. consulter l’indice, puis reprendre la rédaction avec ses propres phrases.

Rappel différé – à refaire quelques jours plus tard

Ces questions sont volontairement courtes. Essaie de les résoudre sans rouvrir le cours ; les réponses expliquées sont dans le fascicule des corrections.

  1. On donne u0=7u_0=7 et un+1=un−2u_{n+1}=u_n-2. Calculer u5u_5, puis donner la formule de unu_n.

  2. La suite 3,12,48,192,…3,12,48,192,\ldots est-elle arithmétique ou géométrique ? Donner sa raison et la somme de ses quatre premiers termes.

  3. Sans calculer beaucoup de termes, déterminer la limite de 5×0,6n5\times0{,}6^n, puis expliquer pourquoi (−1)n(-1)^n n’a pas de limite.

  4. En une phrase, expliquer pourquoi la vérification de P(0)P(0), P(1)P(1) et P(2)P(2) ne constitue pas une preuve par récurrence.

À retenirUne suite décrit une évolution par rangs. Même ajout : arithmétique. Même facteur : géométrique. Pour une récurrence : initialiser, transmettre, conclure. Pour une limite : reconnaître la forme, justifier l’outil, puis interpréter le résultat.

Cadre et références

Hypothèse de travail : terminale générale, spécialité mathématiques, session 2027 supposée ; l’échéance exacte reste à confirmer. Cinq séances de 35 à 45 minutes avec une pause courte sont proposées. Les exercices sont des créations pédagogiques ; ils ne sont pas présentés comme des sujets officiels.

Programme de référence : programme de spécialité de terminale, Bulletin officiel spécial no 8 du 25 juillet 2019. Il comprend notamment le raisonnement par récurrence, les limites de suites, les comparaisons et le comportement des suites géométriques.

Le programme publié au Bulletin officiel no 14 du 2 avril 2026 s’appliquera en terminale à partir de la rentrée 2027–2028 ; il est signalé ici pour éviter une confusion entre les deux textes, sans être utilisé dans ce cours.

Dans ce cours, les rangs commencent à n = 0 sauf indication contraire. Les suites sont discrètes : la représentation graphique est un nuage de points et non une courbe continue.